"On me dit qu’une création peut avoir son propre cheminement, sa propre «vibration» et saisir ou non notre attention selon le temps des synchronicités.
Aussi, j’aime penser que ces fragments de paysages font la part belle à l’imaginaire, au ressenti, sur autant de moments qui nous interpellent et résonnent en nous, à un moment précis.
Le cadrage vertical de mes photographies s’articule souvent de part et d’autre d’une ligne d’horizon. Cette «frontière» devient la charnière entre deux états, deux traitements plastiques, deux éléments qui composent pourtant un ensemble harmonieux.
Et au-delà des apparences, si je prends le temps d’observer, je peux me demander ce qu’évoque pour moi cette image, si «elle me parle», si elle est porteuse d’un message".
L'instant fugace
Sur les territoires que je parcours, j'aime capturer des instants suspendus, qui provoquent en moi un sentiment de retour au calme.
Ci-dessous, quelques échantillons d'images, accompagnés de mes ressentis.
«Le gel a figé les toiles d'araignées dont je n'avais jamais décelé la présence. Cette prairie nous apparait habitée".
Lieu dit La Coussedière à Volvic - Puy de Dôme (Dépt 63) - Janvier 2025
«Je me déplace jusqu'à trouver l'instant et le point de vue le plus adéquat...Enfin la lumière du soleil couchant masque la petite île qui se découpe idéalement avec l'arrière plan.»
Lac de Grandval - Cantal - (Dépt 15)
Automne 2024
«La brume est en mouvement. Par intermittence elle se découvre et des formes énigmatiques nous apparaissent.»
Lieu dit La Coussedière à Volvic - Puy de Dôme (Dépt 63) - Janvier 2025
« Un petit bateau à moteur trace des lignes à la surface de l'eau. Ces légers sillons apportent à mon image l'effet visuel que j'attendais...»
Lac de Grandval - Cantal - (Dépt 15)
Automne 2024
« Après une ascension à flanc de colline, nous suivons un sentier étroit fait de terre battue. Puis nous découvrons un lieu insolite où la végétation protégée des vents profite d'une douce chaleur sortie de terre. Le Grand Suchet se découvre avec ses cimes d'arbres gelées, en plein contraste avec le premier plan des rochers...»
Grottes de Cliersou - Volcans d'Auvergne - Puy de Dôme (Dépt 63) - 2025
« Après une ascension à flanc de colline, nous suivons un sentier étroit fait de terre battue. Puis nous découvrons un lieu insolite où la végétation protégée des vents profite d'une douce chaleur sortie de terre. Le Grand Suchet se découvre avec ses cimes d'arbres gelées, en plein contraste avec le premier plan des rochers...»
Petit Suchet - Volcans d'Auvergne - Puy de Dôme (Dépt 63) - 2025
« Nour prenons de la hauteur pour sortir de cette nappe épaisse de brouillard qui bouche notre vue sur la chaine des Puy.
Soudain l'horizon se dissipe et je saisie l'instant éphémère d'une végétation pétrifiée par le froid sur fond d'éclaircie...»
"Vue sur le Puy de Côme" - Volcans d'Auvergne - Puy de Dôme (Dépt 63) - 2025
« L'orage est menaçant, il gravite au dessus de nous. Puis il s'éloigne et semble absorber les rayons du soleil...»
Lac de Vassivière (Dépt 87) - 2023
«Vue plongeante sur la nature minérale habituellement immergée du lac de Grandval.»
Garabit - Cantal (Dépt 15) - 2024
«Faite de mille couleurs, la colline est d'or».
En contrastant avec l'image de gauche, j'ai choisi de présenter ici la partie supérieure des berges du réservoir de Grand Val.
Garabit - Cantal (Dépt 15) - 202
« Le niveau d’eau a considérablement baissé dans cet immense réservoir. Et je découvre pour la première fois des rochers sortis de l’eau.
Des roches endormies qui absorbent les dernières lueurs du soleil. L’eau qui engloutit s’est retirée. Nous livrant un contraste saisissant entre la vie végétale et la vie minérale. »
«Roches de la Truyère» - Garabit - Cantal (Dépt 15) - 2024
« Une ascension au sommet du Puy-de-Dôme…
…un fragment de paysage m'apparaît entre une tranchée linéaire saturée de basalte et l'horizon.
Au-delà, des hommes jouent avec le vent.
Sans leur voile il ne serait pas permis de les discerner.»
à droite, Puy-de-Dôme (Dépt 63) - 2024
« Je décide de quitter la route entre Arles et Aigues-Mortes. Je déambule longuement le long des marais salants et autres rizières à l’Est de Montpellier.
Plus au sud se trouve le lac de Vaccarès. Je croise des amoureux de la faune sauvage ; sur le chemin, des guetteurs immobiles souhaitent une rencontre avec un oiseau rare. Et au détour d’un long chemin défoncé, je trouve une rizière. Les empreintes de roues d’un tracteur ont creusé des sillons qui progressivement se perdent à l’horizon. »
Rizières - Vaccarès (Dépt 13) - 2023
« Le soleil se couche dans ce lieu où le combat entre la nature et le bitume est permanent. Souhaitant saisir l’instant du soleil couchant, je quitte le flux des voitures et m’arrête sur un point dominant le lac, entre la raffinerie et l’étang de Berre. Je capture cet instant de retour au calme. Je saisis et contemple la lumière de cette journée déjà achevée. »
Etang de Berre - Martigues (Dépt 13) - 2023
Questionner notre regard
Nos ressentis nous guident souvent lorsque nous parcourons la nature. Nous saisissons l'image sans toujours comprendre pourquoi. Plus tard lorsqu'elle se présente à nous, il devient alors possible de mieux la parcourir et de comprendre alors ce qui la distingue des autres. En quoi cette image est unique.
Objets trouvés
Je suis fasciné par ces petits objets d'apparence anodine, glanés sur les chemins ou au bord de l'eau. J'aime les mettre en scène et imaginer des scénettes.
Un regard critique sur mes compositions d'images
« Frontière » est le terme qui me vient à l’esprit ...
...lorsque je regarde les paysages photographiques et numériques de Julien.
Cette frontière est ici métaphoriquement représentée par cette ligne, « punctum » (Roland Barthes), qui coupe le champ de l’image en deux parties distinctes. Et c’est à ce niveau qu’il convient de questionner les réalités dans la création photographique de Julien. À un geste premier (acte photographique), plastique, poétique qui cadre, découpe, prélève est aussi associé dans certaines des productions un autre geste, délégué, qui, cette fois, propose d’ouvrir un champ des possibles par extension, assemblage, reconstruction. C’est là que notre regard est appelé à opérer ce dépassement des apparences pour contempler en fin de compte ce qui relève bien d’une poïétique de l’image, d’une démarche, d’une intentionnalité dans la création. Car s’il paraît aisé de laisser un outil faire, rien de ce qui est formalisé n’a de sens sans ce regard qui pose une singulière appropriation voire une réappropriation.
Jean-Cyrille ETOURNEAUD
Extensions
Je réalise des compositions verticales constituées d'une photographie et de son extension assemblée à partir d'un geste délégué.
Voir, toucher, imaginer une correspondance visuelle
Les bois flottés sont les plus inspirants par leurs textures, leur formes aléatoires
Avec l'aide de mon assistant, des "extensions" sont sélectionnées et orientées jusqu’à l’obtention d’une composition originale que je conserve quand elle mérite mon attention.
Souligner le sujet
J’ai fait le choix d’un dispositif d’impression et d’encadrement en carton. Les traitements visuels du cadre peuvent agir en correspondance avec l'image et notamment avec sa ligne d'horizon. Son rendu chaleureux est agréable au toucher, léger à manipuler. Basé sur le principe d’une caisse américaine, chaque cadre est unique. L’ensemble de cette création s’inscrit donc dans une recherche esthétique originale mais aussi éthique et écoresponsable.
Aperçu de mes recherches
Les sujets photographiés sont multiples, ils ne sont pas toujours centrés sur l'objet trouvé.
Une ligne de séparation qui permet de discerner ce qui est réel de ce qui ne l'est pas.